Voici quelques citations du célèbre écrivain et traducteur Michel Volkovitch :
« Un bon traducteur, c’est quelqu’un qui lit en priorité sa propre langue pour en maîtriser toutes les finesses – il est bon de le dire et de le redire. »
« La modestie, comme chacun sait, étant la qualité première et la force des traducteurs – enfin, de la plupart d’entre eux. »
« La variation, l’écart, sont constitutifs de la traduction comme ils le sont du langage. Car si je t’ai bien compris, le langage – tu n’abats cette carte maîtresse qu’à l’extrême fin de l’ouvrage – est moins lié aux nécessités de la communication qu’au besoin de se distinguer, de marquer par opposition une irréductible appartenance locale. Et par conséquent, Babel ne peut être qu’un mythe (dont la seule vraie leçon est peut-être que les toponymes ne se traduisent pas) : ce qui est réellement « originel », ce n’est pas une langue unique mais la pluralité des langues, ou plus exactement l’incessant mouvement de pluralisation de la dimension langagière comme telle – cette pluralisation visant à localiser, à singulariser, à faire la différence (mais à la faire, malgré tout, collectivement). »
« Toute langue enracine et déracine aussi bien : arrache à un groupe, inclut dans tel autre (et voilà pourquoi chaque classe d’âge se forge son propre argot). L’essence des langues est de se dialectiser. »
Méditez donc là-dessus !